17 Fév 2018

Le PERCO, un placement à plus de 800 % !

Lorsque votre entreprise met en place pour l’ensemble de ses salariés les deux dispositifs d’épargne salariale que sont le PEE et le PERCO, vous pouvez bénéficier d’un abondement à la fois sur le PEE et sur le PERCO. Si votre entreprise a moins de 250 salariés, vous pouvez profiter de ces avantages en tant que dirigeant.

Comment ça marche ?

Vous effectuez un versement volontaire sur votre PEE et l’entreprise abonde ce versement dans une limite maximum de 3 fois votre versement volontaire plafonnée à 8 % du PASS (3.179 € en 2018). Le système est identique pour le PERCO mais le plafond est de 16 % du PASS (6.357 €). Évidemment, il s’agit de l’abondement maximum. Votre entreprise peut décider de mettre en place un abondement moindre.
Vous devez acquitter des prélèvements sociaux à hauteur de 9.70 % de l’abondement (dont 6.80 % de CSG déductible).
Pour profiter au maximum de ces avantages, vous devez verser 1.060 € sur votre PEE et 2.119 € sur votre PERCO. L’entreprise abondera 3.179 € sur le PEE et 6.357 € sur le PERCO soit un total d’abondements de 9.536 € pour des versements volontaires totaux de 3.179 €. Vous acquitterez 925 € de prélèvements sociaux et aurez le droit à une réduction d’impôt de 194 € (TMI par hypothèse à 30 %). Vous aurez donc pour un placement de 3.179 € un rendement net annuel d’impôt de 8.805 € soit un profit de 277 %. Ce placement est une véritable aubaine au regard des placements monétaires flirtant avec les 1 %.

Mais peut-on faire mieux ?

Le guide de l’épargne salariale a été publié sous l’égide de différents ministères dont la dernière date de mise à jour remonte à juillet 2014. Le dossier n°5 consacré au PERCO précise au point III de la fiche 2 : les sommes détenues dans un PEE avant ou après l’expiration de la période de blocage peuvent être transférées sur un PERCO. Ce transfert, qui peut faire l’objet d’un abondement éventuel de la part de l’employeur, n’est pas pris en compte pour l’appréciation du plafond de versement individuel de 25 % prévu à l’article L3332-10 CT.

A la lumière de cette information, reprenons notre exemple précédent. Vous versez toujours 1.060 € sur votre PEE. Votre employeur abonde à hauteur de 3.179 €. Vous transférez aussitôt 2.119 € de votre PEE vers votre PERCO et votre employeur abondera à hauteur de 6.357 €. Vous acquitterez toujours 925 € de prélèvements sociaux et aurez toujours le droit à une réduction d’impôt de 194 € (TMI par hypothèse à 30 %). Vous aurez donc pour un placement de 1.060 € un rendement net annuel d’impôt de 8.805 € soit un profit de 831 %. Cette technique de transfert, dénommée amendement Breton, par les spécialistes permet de multiplier par 3 le rendement du scénario précédent.

Évidemment, le transfert sur un PERCO n’est pas anodin car les capitaux sont bloqués jusqu’à votre départ à la retraite sauf cas de déblocages anticipés :
• Décès (salarié, son époux ou partenaire de Pacs)
• Invalidité (salarié, son époux ou partenaire de Pacs, ses enfants)
• Surendettement du salarié
• Acquisition de la résidence principale
• Remise en état de la résidence principale suite à une catastrophe naturelle
• Expiration des droits du salarié à l’assurance chômage

En cette période de disette des taux de placement, le PERCO s’avère encore être un produit extrêmement efficace. D’autant plus que sa sortie peut se faire en capital et que depuis la disparition de l’ISF, ce capital n’est pas imposable.

Cependant, quelques nuages semblent se présenter. En effet, le projet de la loi PACTE présenté par Bruno Le Maire envisage de supprimer cette possibilité de sortie en capital. Il faut absolument faire front contre cette mesure qui priverait le PERCO d’un attrait considérable.

Et si on signait une pétition !

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Commentaires

  • BRET
    20 avril 2018 Répondre

    Bonjour Monsieur

    dans la mesure où le PERCO entre dans le disponible MADELIN comme avec le PERP et le PEE, dans quel ordre approcher les calculs et l’optimisation?
    abonder le PEE, puis le PERCO, puis le MADELIN, puis le PERP ?

    Dans mon cas je suis TNS CIPAV, j’ai 40 ans avec une TMI à 41% et je souhaite constituer une épargne pour ma retraite (j’ai passé 8 ans aux US donc j’ai un trou de 42 trimestres)

    Après lectures et calculs, j’ai trouvé que :
    – le saut de classe est plus intéressant que le MADELIN (rentabilité de 7% vs 4% pour le MADELIN)
    – le PERP est moins fiscalisé que le MADELIN car le capital est taxé différemment : in fine l’économie est importante en cas de fort TMI
    – PEE et PERCO très intéressant au vu d’un taux d’efficacité > 80% versus 60% pour le MADELIN.
    – l’optimisation de l’intéressement – PEE – PERCO

    Cependant j’ai du mal à comprendre la méthodologie d’approche globale …
    Si je prend un cas d’école :
    rémunération TNS CIPAV : 120 000€
    TMI : 41%
    40 ans
    objectif : capitalisation retraite et défiscalisation
    j’abonde au maximum PEE – PERCO puis MADELIN et PERP ?
    où j’oublie le MADELIN et fait un saut de classe et place le reste sur du PERP ?

    Merci pour vos lumières

    • Rolland NINO
      6 mai 2018 Répondre

      Bonjour Monsieur, merci de lire mon blog. Vos questions découleraient d’un véritable cas pratique et sa réponse n’entre pas dans le type de réponse que je fais sur mon blog. Toutefois, afin de vous éclairer, je vous invite à écouter mon webinar qui aborde notamment ce sujet. C’est le 17 mai à midi sur Webikeo. Bien à vous

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